Accueil > Manifestations scientifiques > Séminaires/Journées d'étude

Séminaire Octogone-Lordat: Work in progress

le 27 janvier 2017
14h

octogone lordat def.jpg

octogone lordat def.jpg




L’attrition du FLE chez les apprenants hellénophones : présentation du protocole expérimental


par Kleopatra Mytara (Octogone-Lordat)




L’acquisition d’une langue étrangère implique des processus cognitifs fort complexes et laborieux qui demandent des efforts considérables de la part de l’apprenant. Toutefois, en dépit de ces efforts et indépendamment du milieu où l’apprentissage de cette langue a eu lieu (guidé/naturel), il est communément admis que le niveau de l’apprenant va inévitablement baisser et ses compétences linguistiques vont diminuer, lorsque la langue apprise sera moins souvent utilisée qu’auparavant, voire lorsqu’elle ne sera plus du tout pratiquée. Le manque d’utilisation d’une langue autrefois apprise et pratiquée, ainsi que la détérioration linguistique que ce manque entraîne chez le locuteur n’ont été que récemment décrits par le terme « attrition ».
Plus précisément, bien que les recherches sur l’attrition de la L1 soient en plein essor (Köpke & Schmid, 2004) depuis ces trente dernières années, il ne va pas de même pour l’étude de l’attrition d’une LE/L2, un domaine qui reste toujours peu exploré, tout comme nos connaissances sur ce phénomène et sur sa compréhension. Cependant, la pérennité des compétences acquises en classe de LE est une question qui concerne non seulement les enseignants et les apprenants, mais également les pouvoirs publics, compte tenu de leur investissement croissant dans l’enseignement des langues étrangères (Schmid & Mehotcheva, 2012).
En nous appuyant sur le modèle dynamique du multilinguisme (MDM) (Herdina et Jessner, 2002), sur la théorie neurolinguistique du bilinguisme ainsi que sur l’hypothèse du seuil d’activation (Paradis, 1993, 2004, 2008), nous nous proposons d’étudier l’attrition du FLE chez les étudiants de l’Institut français d’Athènes. Notre hypothèse principale est que les apprenants qui ont étudié le FLE, mais qui ne le pratiquent plus, subiront une baisse de niveau et une modification de leurs compétences linguistiques. Ainsi, plusieurs questions surgissent qui méritent d’être examinées : a) l’utilisation de la langue et le contact avec elle pendant la période de l’attrition ont-ils un effet positif sur la rétention du FLE ? b) les différentes compétences linguistiques (réceptives/productives) sont-elles influencées par l’attrition au même degré ? c) quel est l’impact de la proximité/distance linguistique entre le grec (L1) et le français (LE) sur l’attrition du FLE ?
Pour répondre à ces interrogations, nous envisageons d’effectuer une batterie de tests proposés à deux groupes différents d’apprenants de FLE (groupe d’attrités et groupe contrôle), afin de mieux comprendre et déterminer les différences et les similitudes qui les caractérisent tant au niveau inter qu’au niveau intra-groupe. Nous présenterons le protocole de notre étude à la fois transversale et longitudinale, ainsi que nos hypothèses et attentes liées aux données multimodales que nous comptons collecter. En outre, nous nous intéresserons aux éventuels défis et contraintes que représente l’utilisation d’un tel protocole pour l’étude de l’attrition des langues étrangères.


Lieu(x) :
MdR, salle E323

 

Vers page d'accueil de l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées

 

 

Unité de Recherche Interdisplinaire Octogone-Lordat EA4156

Version PDF | Mentions légales | Conseils d'utilisation | Lien vers RSSSuivre les actualités | haut de la page