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Séminaire transversal

le 2 juillet 2012
10h30 - 12h30

Séminaire structure transversale sur le rôle que joue la modélisation psychométrique dans l’interprétation des scores comme mesures d’attributs latents.
 
La question est : étant donné ce que l’on sait du score, comment est-il possible qu’il mesure plus ou moins précisément l’attribut latent que le chercheur/l’utilisateur a en tête ?
 
Voici un résumé des idées à critiquer.
 
La CTT ne dit rien sur la possibilité d’interpréter les scores observés (ou les scores vrais) comme des mesures d’un attribut latent, d’où l’indécidabilité d’une proposition comme « le score mesure plus ou moins précisément l’attribut ». Une telle proposition n’a pas de fondement opératoire (ie, on ne sait pas par quelles opérations c’est possible). D’où une posture doublement mystique : (1) il faut croire en l’attribut latent, (2), il faut croire dans le miracle de sa mesure par le score.
 
Pour décrire la mystique de l’utilisateur d’un score interprété par la CTT, on a besoin de l’item A (croyance en l’existence de l’attribut, oui 1 ou non 0) et de l’item M (la mesure a opéré, oui 1 ou non 0). Donc E(CTT) = 11, où E(.) signifie « évaluation de ».
 
Pour l’IRT, on a aussi A(IRT) = 1 (elle pose d’emblée l’existence du trait latent). Concernant M, M(IRT) = 0, car elle ne demande pas à l’utilisateur de croire que la mesure a opéré.  Elle demande de croire qu’une réponse dépend stochastiquement de l’attribut. Le couple (répondant, item) est vu comme une machine aléatoire réglée par le paramètre de l’item, le paramètre du répondant, et une loi de probabilité. D’où l’item  P (croyance en l’existence de la probabilité d’un événement singulier, oui 1 ou non 0). C’est aussi le cas de la CTT, qui voit en tout score le résultat d’une expérience aléatoire. D’où les descriptions suivantes :
 
E(CTT) = 111 et E(IRT) = 101 avec AMP comme descripteur.
 
Mais P(IRT/CTT) = 1 n’implique pas la croyance en une loi de probabilité particulière (seulement la croyance en l’existence de la probabilité du score ou de la réponse). A partir de cette étape, on modélise, c’est-à-dire qu’on accepte de se donner une image fausse de la manière dont les gens et les items se répartissent sur l’attribut. On veut seulement une image qu’on qualifie de raisonnablement acceptable, en fonction d’une mesure ad hoc de cohérence qui ne fait pas intervenir l’attribut en tant que tel mais des nombres sans contenu empirique, et d’un jeu de préférences personnelles. Autrement dit on crée les conditions pour éventuellement rejeter un modèle. On a ainsi un nouveau critère J (impossibilité de juger si le modèle est acceptable, oui 1 ou non 0). Autrement dit, au lieu de l’absence totale d’explication avec la CTT, on a un mythe évaluable, et la possibilité de mettre en concurrence d’autres mythes éventuellement (toute machinerie aléatoire fondée sur n’importe quel système d’entités latentes).
 
Bilan : E(CTT) = 1111 et E(IRT) = 1010 avec AMPJ (existence de l’attribut, mesure miraculeuse d’une quantité, existence d’une probabilité déterminant la réponse de quiconque à tout item ou de son score, impossibilité de juger un modèle de la production de la réponse) comme descripteur. Et donc, dans le cadre descriptif AMPJ, la mystique de l’IRT est conceptuellement et épistémologiquement préférable pour l’utilisateur qui veut justifier sa croyance en son test. Mais s’il veut se rattacher à cette mystique, il doit alors être capable de s’appuyer sur au moins un modèle concret associé à son test.
 
Lieu(x) :
salle OBM 2

 

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Unité de Recherche Interdisplinaire Octogone-Lordat EA4156

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