Soutenance de thèse : Charlotte Alazard : "Rôle de la prosodie dans la fluence en lecture oralisée chez des apprenants de Français Langue Étrangère"

Publié le 13 septembre 2013 Mis à jour le 26 mars 2014
le 27 septembre 2013
15h
MdR, salle D31
Jury :
Corine ASTESANO (MCF, Université de Toulouse 2 - Le Mirail) : Co-directeur de thèse
Lorraine BAQUE (PR, Université Autonome de Barcelone, Espagne) : Rapporteur
Michel BILLIERES (PR, Université de Toulouse 2 - Le Mirail) : Directeur de thèse
Bernard HARMEGNIES (PR, Université de Mons, Belgique) : Rapporteur
Bruno MAURER (PR, Université de Montpellier 3, Paul-Valéry) : Membre du jury
Jean-Luc NESPOULOUS (PR Émérite, Université de Toulouse 2 - Le Mirail) : Membre du jury

Résumé :
Notre recherche a pour objectif de tester l’incidence de la pratique linguistique à l’oral sur les compétences en lecture d’apprenants de Français Langue Etrangère (FLE). A partir d’une hypothèse en psycholinguistique sur le rôle de la prosodie implicite dans le décodage de l’écrit en Langue Maternelle (Fodor, 2002), nous postulons qu’un travail poussé de correction phonétique centré sur la sensibilisation à la structure prosodique du français (via la Méthode Verbo Tonale, MVT) va non seulement améliorer la fluence des apprenants en parole spontanée et en parole lue, mais aussi faciliter le décodage de l’écrit. Nous pensons que cet apprentissage sera plus efficace s’il est proposé dès le niveau débutant. Pour tester ces hypothèses, nous avons mené deux études longitudinales avec des apprenants anglophones de FLE. Nous avons mesuré la fluence en lecture oralisée des apprenants avant et après la formation. Les résultats des analyses acoustiques et perceptives de la première étude (étude pilote) nous ont permis de confirmer nos hypothèses et d’appuyer nos choix méthodologiques. Dans la deuxième étude, nous avons souhaité approfondir les résultats obtenus dans l’étude pilote et valider expérimentalement l’efficacité de la MVT. Nous avons comparé l’impact de la MVT et de la méthode Articulatoire dans l’évolution de la fluence des apprenants. Nous avons également testé un des présupposés de la méthodologie SGAV (dont est issue la MVT) selon lequel l’écrit ne devrait pas être introduit avant que les paramètres prosodiques ne soient maitrisés, sans quoi le passage à l’écrit entrainerait une chute de la fluence des apprenants. Les résultats de cette seconde étude vont dans le sens de nos hypothèses : seuls les apprenants qui ont suivi les cours de correction phonétique via la MVT ont amélioré leur fluence en parole lue. De plus, l’introduction de l’écrit fait chuter la fluence des productions chez tous les apprenants. En conclusion, la maitrise de la prosodie constitue un prérequis nécessaire au passage à l’écrit en langue étrangère.

Mots clés : Prosodie, Fluence, Méthode Verbo-Tonale, Transfert de compétences de l’oral vers l’écrit, Didactique du Français Langue Étrangère