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Soutenance de thèse : Nicole Cantisano "Le partage et le non-partage social des émotions chez les personnes atteintes du VIH/SIDA en République Dominicaine"

le 10 décembre 2012
13h30

Jury :
Thémis APOSTOLIDIS (PR Université d’Aix-Marseille) : Rapporteur
Stan MAES (PR Université de Leiden, Pays Bas) : Examinateur
Maria Teresa MUNOZ-SASTRE (PR Université de Toulouse 2-Le Mirail)  : Co-directrice
Bruno QUINTARD (PR Université de Bordeaux II - Victor Ségalen) : Rapporteur
Bernard RIME (PR Université Catholique de Louvain, Belgique) : Co-directeur

Résumé :
Les individus ont une forte propension à communiquer leurs expériences émotionnelles, mais des recherches ont montré que les malades chroniques éprouvent des difficultés quant au partage social des émotions (PSE), et ceci, en lien avec la perception de réponses sociales négatives. Ce travail s’est intéressé, par le biais de trois études, à l’examen du (non) PSE chez les patients atteints du VIH/SIDA en République Dominicaine. L’étude 1 a eu comme but de vérifier si dans cette culture les pratiques à l’égard du PSE étaient semblables à celles mises en évidence auparavant. 306 participants (132 hommes et 174 femmes) ont répondu à un questionnaire, et  comme attendu, les taux, délais et récurrence du PSE se sont avérés superposables à ceux retrouvés ailleurs. L’étude 2 a visé une comparaison des patients atteints du VIH/SIDA avec ceux atteints d’une autre maladie chronique quant au PSE. 104 patients (35 VIH/SIDA, 35 diabète et 34 cancer) ont répondu à un questionnaire. Notre hypothèse principale a été validée : les patients atteints du VIH/SIDA s’abstiennent du PSE de façon significative. En outre, ils ont rapporté davantage éprouver la honte et la culpabilité ainsi que l’appréhension de réponses négatives de leur entourage. L’étude 3 a ciblé une question principale: pourquoi retrouve-on le non-PSE chez les personnes atteintes du VIH/SIDA et quelles sont ses conséquences? 101 patients sous trithérapie (50 femmes et 51 hommes) ont répondu à un questionnaire. En effet, le non-PSE est en partie prédit par la perception de la stigmatisation et aucune conséquence du non-PSE n’a été trouvée. Toutefois, il s’est avéré que la perception de la qualité du PSE est à l’origine des conséquences positives associées à la verbalisation des émotions. Nos résultats offrent des pistes sur le rôle décisif joué par la perception de la qualité du PSE et pourraient justifier des travaux futurs impliquant des interventions ciblées sur l’expression émotionnelle de la honte et la culpabilité chez ces patients.

Mots Clés : verbalisation émotionnelle, VIH/SIDA, stigmatisation, honte et culpabilité


Social sharing and non-sharing of emotions in HIV/AIDS patients living in the Dominican Republic

Laypersons are quite inclined to communicate their emotional experiences. Yet, previous studies have shown that patients living with a chronic illness have difficulties in the social sharing of emotions (SSE) linked to the perception of negative social responses. The present dissertation has intended to examine the (non) SSE in HIV/AIDS patients living in the Dominican Republic. Three field studies were conducted. Study 1 aimed to verify if the SSE takes place in the Dominican cultural context as it has been showed in other studies. 306 participants (132 men and 174 women) answered a questionnaire, and as hypothesized, rates, initiation and extent of SSE were consistent with previous results. Study 2 aimed to compare HIV/AIDS to other chronic illness patients regarding SSE. 104 patients (35 HIV/AIDS, 35 diabetes and 34 cancer) responded to a questionnaire. Our main hypothesis was confirmed: HIV/AIDS patients’ SSE scores were significantly lower. Furthermore, these patients reported higher feelings of shame and guilt, and greater fears concerning others’ negative responses. Study 3 intended to answer one main question: why this non-SSE in HIV/AIDS patients and what would be its consequences? 101 patients under ARV (50 women and 51 men) answered a questionnaire. Non-SSE was partially predicted by perceived stigma and no consequences of non-SSE were found. However, results showed that the perception of the quality of SSE was a significant predictor of the positive consequences linked to emotional expression. Our results highlight the importance of the qualitative aspect of SSE and could lead to future research on interventions aiming the emotional expression of shame and guilt in these patients.
 
Key words : emotional expression, HIV/AIDS, stigma, shame and guilt





Lieu(x) :
MdR, salle D31

 

Vers page d'accueil de l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées

 

 

Unité de Recherche Interdisplinaire Octogone-Lordat EA4156

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