• Recherche,

REPORTE ! Séminaire Octogone-Lordat : "Le cerveau au rythme de la parole : et si on parle plus vite ?" Véronique Boulenger (DDL Lyon)

Publié le 29 février 2020 Mis à jour le 20 avril 2020
le 15 mai 2020
14h
MdR, salle E411




Le cerveau au rythme de la parole : et si on parle plus vite ?



Véronique Boulenger (Chargée de Recherche CNRS, Laboratoire Dynamique Du Langage, CNRS/Université de Lyon UMR5596)



Les modèles neurolinguistiques attribuent un  rôle fonctionnel majeur aux rythmes du cerveau, caractérisés par les oscillations neuronales, dans les processus de perception de la parole. En se synchronisant aux (quasi)régularités temporelles du signal de parole, les oscillations faciliteraient en effet la segmentation du flux continu en unités linguistiques pertinentes pour la compréhension (Ghitza, 2011; Giraud & Poeppel, 2012; Peelle & Davis, 2012). Si de nombreuses études en EEG/MEG ont décrit un couplage des oscillations thêta (4-7 Hz) du cortex auditif sur les modulations de l’enveloppe d’amplitude, reflétant l’information syllabique (e.g., Ahissar et al., 2001; Gross et al., 2013; Peelle et al., 2013 ; Pefkou et al., 2017), le cas des variations naturelles de débit a été largement ignoré. La question de la synchronisation cerveau/parole sur les modulations de plus haute fréquence qui caractérisent la périodicité du signal et sa fréquence fondamentale (f0) reste également à approfondir. Je présenterai des données recueillies en MEG chez des adultes et des enfants neuro-typiques montrant des changements spécifiques du couplage cortico-acoustique en fonction du débit syllabique (normal ou accéléré naturellement vs artificiellement). Des analyses de cohérence révèlent que la synchronisation des oscillations neuronales sur le signal verbal suit non seulement les changements de modulation de l’enveloppe, mais aussi les changements de f0 qui accompagnent l’accélération naturelle de débit. Je présenterai enfin des résultats préliminaires chez des enfants porteurs d’un trouble développemental du langage oral suggérant un dysfonctionnement potentiel du couplage cortical sur l’information syllabique. Dans l’ensemble, nos résultats fournissent de nouveaux éléments sur la signature corticale oscillatoire de la perception de la parole et soulignent l’importance d’utiliser de la parole naturelle dans l’étude de la dynamique du couplage cerveau/parole.